ChroNycs
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From The West #16
Bonjour, bonjour…
Après des semaines et des semaines de délai, qui vous ont
certainement laissés tristes, abattus et avec un sentiment d’abandon
que je vais avoir dur à réparer, nous revoici donc ! Il a fallu
le temps, mais bon. Tout vient à point qui sait attendre. Et donc,
nous voilà ! Vous pouvez quitter votre deuil !
Ceci dit, reprenons-nous…
Cinéma ou théatre ? De toute façon, le spectacle
est dans la salle…
A la fin de l’année dernière, comme tout le monde le sait,
est sorti sur tous les écrans du monde, le même jour, LE film
que tout le monde attendait (en tous les cas, moi, et je n’étais pas
le seul), soit Le Seigneur des Anneaux (le premier de la trilogie). Ca promettait
d’être bien. En plus, il sortait quelques jours avant mon retour en
Belgique, donc, c’était un signe, je devais aller à la première.
J’ai donc été acheté les places une semaine à
l’avance. Il n’y avait déjà plus grand chose de disponible :
trois des quatre multiplex avaient toutes leurs seances sold-out depuis plusieurs
jours. C’est quasi pas si on m’a ri au nez quand j’ai demandé si il
leur restait des place. Mais soit, je n’ai pas relevé. Et j’ai finalement
trouvé ce que je cherchais. Arrive le jour tant attendu. La séance
étant à 19h00, nous allons au cinéma vers 17h45, histoire
de s’assurer une place décente. On rit ici ou quoi ? ! ? Il y avait
une file d’une longueur incroyable ! Des gens sont arrivés 5h à
l’avance pour être surs d’être bien placés. Bref, on se
met tout au bout de la file (et encore, on avait pas vu que celle-ci sortait
du bâtiment et rentrait plus loin !). Et finalement, on avait des places
décentes. Faut dire que la salle était immense. Avant le film,
les pubs… Déjà, on sent que le public est chaud… Les gens crients,
rient, applaudissent et huent (et ce ne sont que les pubs). Le film commence…
Le silence recueilli se fait… Mais pas pour longtemps ! Beaucoup de «
ahhhh ! », de « ooooohhhhh ! » et autres onomatopées.
Les gens réagissent beaucoup plus que chez nous, c’est clair. Et le
clou de tout, dans le combat final, quand le bon-gentil-beau monsieur (malgré
qu’il soit fatigué et un peu blessé à tel point qu’il
a failli perdre) tue d’un grand coup d’épée le méchant-vraiment-pas-beau,
la salle applaudit à tout rompre (mais le film n’est pas encore fini
!). Mais c’était intéressant comme expérience. Et le
film était à la hauteur de mes espérances (qui étaient
pourtant bien grandes !). Ceci dit, je vais arrêter ici ce petit chapitre
cinéma, qui était tout autant un oeil sur une autre façon
de regarder des films.
Etats-Unis 0 – 62 Europe
Qu’est-ce qui fait que les gens par ici sont différents de ceux que
l’on peut croiser ou rencontrer de l’autre côté de l’Océan…
Je ne parle pas de la couleur de la peau, mais bien des comportements… Qu’est-ce
qui fait que par ici, les gens n’aiment que le pain sans goût et mou,
le chocolat sans goût et fâde, les fromages sans goût et
tous pareils ? Qu’est-ce qui fait qu’ils préfèrent les hamburgers
à tout plat un peu relevé et préparé ? Serait-ce
uniquement à cause du prix ? On a tendance à le croire… En effet,
tout chez eux est basé sur le prix. Rien d’autre ne compte. Et ils
sont prêts à sacrifier le reste sur l’autel sacro-saint de leur
portefeuille et autres 401k (équivalent des SICAVs chez nous). Bien
que pour ces dernières ainsi que pour tous leurs investissements en
bourse, leur attitude va peut-être un peu changer après les petits
problèmes que certains ont eu suite à la faillite d’Enron. Mais
je disgresse…
Donc, pourquoi ? Difficile question… Faut dire aussi qu’ils ont une facheuse
tendance à faire ce qu’on leur dit de faire (que ce soit le gouvernement
qui le leur dit, la pub ou quelque lobby que ce soit). Donc, quand un bon
petit resto mexicain doit fermer ses portes pour laisser la place à
l’infâme chaine de « restos mexicains » Taco Bell, eux,
ils trouvent ça normal, et si les gens vont chez Taco Bell, c’est que
c’est mieux. Et puis ils connaissent aussi, c’est important ça. Où
qu’ils aillent dans leur beau pays, ils sont sur de pouvoir trouver un Taco
Bell, qui sert la même chose que dans celui au coin de leur rue. C’est
d’ailleurs pour le même genre de raisons qu’ils vont au Mac Do quand
ils sont en vacances, ou que ce soit dans le monde.
Et quand on dit qu’ils font n’importe quoi…
Bon. Mettons-nous en situation… Par exemple, vous ne vous sentez pas bien.
Que faites-vous ? Si vous êtes en Europe, logiquement, soit vous allez
chez le médecin, soit vous le faites venir (si ça va encore
moins bien). Ici, non. C’est pas comme ça. C’est beaucoup plus simple
d’allumer la télé, de regarder les pubs quelques minutes (de
toute façon, vous ne pouvez pas louper les pubs, y’en a tout le temps
!), et de tomber sur une pub pour le médicament qui va solutioner tous
vos problèmes (parce que des pubs de médicaments, y’en a tout
le temps !). Ensuite, ils vont au supermarché pour l’acheter. Si c’est
un médicament uniquement vendu sur prescription (oui, oui, ça
existe aussi !), c’est un peu plus compliqué, vu qu’ils vont alors
à Tijuana pour l’acheter, vu que là, pas besoin de prescription.
C’est bien pratique.
Et donc, il y a beaucoup de pubs pour les médicaments… Les plus choquants,
par exemple, ce sont ceux pour soigner la depression. Un de ceux qui nous
a choqué récement, avec Gaëlle, s’en est un qui est meilleur
que les autres parce qu'il n'a pas d'effets secondaires sexuels. Et je n’invente
rien ! De toute façon, à ce niveau, on ne peut pas inventer,
c'est impossible! Ca les incite encore plus à l’auto-diagnostic, et
à un point de vue « je-sais-tout-mieux-que-tout-le-monde »
sur les choses. Comme quoi, il n’y a pas qu’en politique, et sans doute que
leur président ne l’est pas par hasard…
Egalement assez choquant dans les pubs pour médicaments, c’est le
texte qu’ils lisent à toute vitesse à la fin de la pub (l’équivalent
des textes écrits en tout petit dans le bas ou sur le dos des contrats
!). Ils font la liste des effets secondaires possible (comme quoi, vous aurez
été prévenus !), des cas où il vaut mieux ne pas
le prendre, etc. Ca leur évite sans doute des masses de procès.
Ah, j'ai déménagé… Maintenant, mon adresse c'est…
L'autre jour, on est parti sur un coup de tête pour Las Vegas. On
avait des plans pour le week-end, mais tout est tombé à l'eau
alors qu'on était à Los Angeles, donc on s'est dit: "on va
tout de même pas rentrer chez nous, qu'est-ce qu'on fait?". Et bien
entendu, la seule réponse logique est sortie de nos lèvres:
"On part à Vegas". Un peu moins de 5 heures plus tard, nous étions
dans ce haut lieu du gaspillage électrique, du fric et du gigantisme!
Vraiment impressionnant, surtout quand on arrive de nuit, avec toute cette
lumière. Et puis la nuit, on ne voit pas que les immenses bâtiment
kitch sont en fait assez moches, vieux et pleins de défauts. C'est
moins magique. Mais c'était intéressant comme expérience
de toute façon. Et on n'a perdu que 40 dollars, pas une catastrophe.
Ceci dit, sur la route du retour, on a vu l'endroit où nous habiterons
un jour… Ca doit faire bien quand on te demande ton adresse…: "Oui, moi j'habite
Rue ZZYZX". Et c'est pas de la blague! C'est vraiment le nom d'une rue. L'avantage,
c'est que c'est facile a trouver dans le bottin, c'est à la dernière
page, dernière colonne, dernière ligne. Easy.
Belgique, c'est pas une grande ville en France ou en Allemagne, ça?
A la fin de l'année dernière, 2001 donc, nous sommes rentres
dans notre beau petit pays. Mes collègues ici à San Diego ne
font plus les erreurs de l'américain moyen et totalement non-cultives.
Ils savent où c'est, la Belgique. Mais j'ai du batailler ferme avec
certains! La meilleure méthode: vous leur dites qu'ils n'auront plus
de chocolat si ils ne font pas un effort. C'est vite fait. Et maintenant,
ils ne se trompent plus.
Je rigole. Ils savaient en général bien où ça
se trouve. En tous les cas les gens du boulot. Maintenant, ils ne forment
sans doute pas l'exemple de l'américain moyen. Parce que le coup de
"la Belgique, c'est pas une grande ville en France?", je l'ai vécu
de mes propres oreilles, et c'est pas facile de s'en remettre, surtout quand
ça ne vient pas d'un gosse mais d'une personne adulte…
Et donc, on est rentrés en Belgique, pour une séance de courses
d'un rendez-vous à l'autre, voir tout le monde n'est pas simple: resto
midi et soir (parfois le matin aussi), café et tartes à 16 heures
tous les jours. A cela s'ajoute un enterrement de vie de garçon surprise
(encore merci les gars, c'était sympa, même si j'étais
un peu, euh, fatigue après 22h30! Sûrement le décalage
horaire…), une retraite de deux jours pour préparer le mariage, les
courses de BDs obligatoires (ils ne connaissent pas du tout ça par
ici), un mariage civil en milieu de semaine parce qu'on avait une demi-journée
de libre, etc. De tout repos donc! On était bien contents de revenir
ici, de pouvoir travailler et se reposer un peu. Au moins, après 16h,
on a la paix, on peut rentrer chez soi et ne rien faire de sa soirée!
Et je dis "on" travaille, parce qu'en effet, Gaëlle, mon épouse
donc, a trouvé un petit boulot. Elle s'occupe d'enfants d'un couple
de français, qui travaillent tous les deux. C'est sans doute pas quelque
chose de définitif, et certainement pas son choix de carrière,
mais c'est toujours faire quelque chose, ce qui est important,. Voir des gens,
bouger. Bref, une bonne chose, surtout avec les allers-retours actuels, qui
l'empêchent encore de planifier à plus que deux mois. Mais ça
va changer sans doute après le mariage, vu qu'elle va pouvoir demander
un permis de travail officiel, grâce a une nouvelle loi signée
le 16 janvier par Georges Doubliou. On va finir par l'aimer, lui. Non, on
déconne, vous en faites pas.
Tu prends congé la semaine prochaine?
Les congés... Sujet vaste et brûlant… Enfin, quand je dis vaste,
c'est une image. Parce que ce n'est pas vraiment le terme adéquat de
ce côté-ci de l'Océan! Légalement, les entreprises
ne sont pas obligées de donner des jours de conges payes a leurs employés
(vous savez, conges, cet acquis social du début du vingtième
siècle!). D'ailleurs, croyez-le ou pas, certaines boites ne donnent
aucun jour, par exemple, pendant les deux premières années,
ou les cinq premières années. Apres, les valeureux travailleurs
en reçoivent cinq, puis après dix ans, dix jours, etc… Pas Byzance
tout de même! Chez Solar, ma boite, c'est un peu mieux. Au départ,
on a 15 jours (pour rappel, le minimum légal en Belgique est de 20
jours), ce qui fait de nous des favorises. En plus, on a droit à des
"personnal days", quand on doit aller chez le dentiste, le kiné, voir
l'administration américaine (ou belge), etc. Donc, ça va encore.
Je ne me plains pas trop. Et ils ne sont pas trop trop regardants en ce qui
concerne ces jours personnels. Puis, aussi, Monsieur Solar offre la semaine
entre Noël et Nouvel An, en plus des autres jours (en magouillant ceci
dit un peu avec les jours fériés légaux, mais globalement
on y gagne tout de même). Donc, je ne me plains pas.
Et il est où Ben Laden?
Avant tout, la rédaction tient à vous faire ses plus plates
excuses, parce que depuis que vous avez reçu ce message, vous êtes
maintenant fiches par la CIA, vu que le nom de l'ennemi public #1, le cerveau
de l'axe diabolique du mal, est sur cette missive. Désolé donc.
Votre prochaine demande de visa sera sans aucun doute refusée, mais
au moins, vous saurez pourquoi. De toute façon, avec les tensions entre
les dirigeants européens et américains, c'était déjà
mal barré!
Mais donc, où est Ben Laden? Cette question est importante. Même
si, selon moi, les américains (et la CIA en particulier) n'a pas trop
envie qu'il soit encore vivant, et juge, parce qu'alors il pourrait expliquer
son boulot dans les années 80, quand l'URSS était encore en
Afghanistan, et que lui bossait pour la CIA. C'est mon avis.
En attendant de plus amples nouvelles, et bien les bouquins fleurissent
dans les librairies, sur les talibans, sur Al Quaida, sur Ben Laden, sur
le WTC, sur les avions, etc. Ils vont vite au niveau marketing évidement!
Sont pas nés de la dernière pluie… Dans le genre, ce que j'ai
préfère, et de loin encore bien, c'est un petit caoutchouc anti-éclaboussures.
Les femmes ne savent pas ce que c'est, parce qu'elles n'ont pas la grande
chance de fréquenter des urinoirs (par contre, les hommes savent pourquoi!),
mais il s'agit du petit truc qu'on met dans le fond pour pas que ça
splitte dans tous les sens (mais ça marche pas, parce que ça
splitte quand même, vous voyez ce que je veux dire?!?). Bref, j'en
ai vu un qui indiquait: "Have yourself a session, Relieve your agression,
Be the terminator with your urinator" avec la tete de Ben Laden au milieu
d'une cible! United we stand! Je ne traduis pas, vous n'aurez qu'à
vous renseigner si vous n'avez pas compris!
T'as un nouveau "G" dis ou quoi?!?
Pour terminer, je voudrais, une fois n'est pas coutume, faire passer une
petite annonce… Un grand ami de la rédaction vit au Malawi, le pays
des éléphants. Et outre les éléphants, y'a pas
grand chose, et entre autres choses, il (Olivier - Oli) recherche des vieux
GSM (même si ils sont bloques et sans cartes SIM évidement),
ainsi que des vieux PC, si possible portables (juste pour installer Word et
Excel et une imprimante). Donc, si vous avez ça dans vos greniers,
et ne savez pas quoi en faire, et bien contactez la rédaction ou directement
Oli (oli@aberdeen.be ou nyc@aberdeen.be). Merci d'avance.
Pour le reste, nous en resterons là pour le moment… On vous souhaite
(avec plein de retard) plein de bonnes choses pour 2002… Pour notre part,
c'est sûrement pas le prochain épisode qui sera a jour et dans
les temps, vu que nous rentrons en Belgique pour notre mariage (le vrai, celui
devant Dieu) et la fête qui va avec, puis on va se balader au milieu
des grands parcs de l'Ouest américain pendant deux semaines. Ne vous
en faites pas, on pensera a vous (non, j'déconne!).
Gros bisous a tout le monde et à bientôt peut-être, ici
ou ailleurs!
Gaëlle et Nyc
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Création:
Nyc
- 05/07/2001
Dernière révision:
02/09/2002