Bonjour
tout le monde!
Avant
toute chose, évidement, excellente année à toutes
et tous! Qu'elle vous apporte
plein de bonnes choses et de realisations nouvelles et surprenantes. Et
qui
sait, peut-être qu'elle vous apportera un petit voyage au soleil
de Californie…
Nous, en tous les cas, on demande un nouveau president pour le mois de
Novembre. Il faut y croire…
Sinon, une
fois encore, le temps passé vite, trop vite. Mais on ne se
plaint pas. On
revient d'un petit week-end de ski ma foi, fort agréable, sur
les bords du Lac
Tahoe. Une splendeur, ce lac! Un très mignon petit chalet, pour
10 personnes,
avec 7 amis américains et hollandais. Du ski, des discussions
animées dans le
Jacuzzi après le ski, des jeux (ils ont tous adoré
Loup-Garous!). Bref, un
excellent week-end! Et Margot en princesse du chalet, au centre de ce
petit
monde, centre de toutes les attentions, comme elle aime.
Pour
terminer ces courtes nouvelles quelques choses un brin subversives. Ca
ne fait jamais de tort à personne. Un peu plus bas, un article
(comme toujours politiquement très
incorrect) tire du Courrier International.
Pour
continuer au rayon des choses politiquement pas trop trop correctes par
ici (on
ne craint rien, enfin, on espère!), nous vous conseillons
vivement d'aller
faire un tour sur le site de l'organisation MoveOn.org, qui a
récement organisé
un concours pour trouver la meilleure publicité contre
l'administration Bush…
Et tous les finalistes sont sur le site, à l'adresse suivante:
http://www.bushin30seconds.org/finalists.shtml
Et comme
toujours, photos et autres sur notre site:
Nous vous
embrassons toutes et tous très fort, ou que vous soyez!
A bientôt,
ici ou ailleurs…
Margot,
Gaëlle & Nyc
p.s.:
excellent anniversaire à mon filleul avec une grosse semaine de
retard!
A la dette
du client !
Vous êtes une
nation endettée ? Un
bon conflit avec les Etats-Unis, une défaite, et un
émissaire spécial de la
Maison-Blanche négociera pour vous la bienveillance
internationale.
"Poutine est
prêt à annuler 65
% de la dette irakienne envers la Russie”, se réjouit le
quotidien irakien Al Rafidayn. Cette dette
s’élève à
6,4 milliards d’euros, Moscou étant le premier créancier
de Bagdad. De son
côté, le Japon, honorable deuxième
créancier, avec environ 5,4 milliards
d’euros, “serait d’accord pour passer l’éponge sur la plus
grosse part de ce
que l’Irak lui doit”, affirme le Japan Times, à
condition toutefois que les autres membres du Club de Paris fassent de
même. Ce
qui ne devrait pas poser trop de problèmes, note La
Libre Belgique, puisque “Jacques Chirac a reçu James
Baker,
l’émissaire spécial du président Bush au sujet de
la dette irakienne, et les
deux hommes se sont entendus sur la nécessité de
réduire cette dette 'selon les
modalités appropriées au Club de Paris'". Lors de la
conférence de Tokyo,
en 2002, le bienfaiteur américain avait déjà
obtenu une aide internationale de
3,6 milliards d’euros pour l’Afghanistan.
Perfide, le
quotidien belge remarque
que cet accord franco-américain de principe survient “une
semaine après la
décision américaine de ne pas confier de contrats de
reconstruction aux pays du
'camp de la paix'". Le journal rappelle également que le Club de
Paris,
groupe informel de créanciers publics créé en
1956, “a pour règle de ne
négocier qu’avec les représentants d’Etats souverains, ce
qui exclut tout
accord tant que l’Irak sera géré par l’administration
américaine
intérimaire".
La Libre Belgique précise
encore que “les annulations
de dette ne peuvent d’ordinaire bénéficier qu’aux pays
extrêmement pauvres - ce
qui n’est pas le cas de l’Irak, compte tenu de ses ressources
pétrolières". Et pourtant ! Le transfert de
souveraineté est prévu pour
juin 2004, et à partir de cette date les membres du Club
pourront alléger “le
fardeau de la dette irakienne, estimée à 120 milliards
d’euros par le Fonds
monétaire international (FMI), pour donner au peuple irakien la
liberté et la
prospérité”, comme l’expriment les Etats-Unis.
Rendre à un
peuple “sa liberté et sa
prospérité”, quel beau programme ! Qui doit faire
rêver, par exemple, du côté
de Monrovia, Freetown, Kigali ou ailleurs en Afrique… Un rêve que
partagent
sans aucun doute les habitants de Port-au-Prince ou ceux de Dacca. Car,
si l’on
en croit les données de la Banque mondiale, la dette du Liberia
se monte à 1,5
milliard d’euros, celle de la Sierra Leone à 668 millions
d’euros, celle du
Rwanda à 536 millions, celle d’Haïti à 655 millions
et celle du Bangladesh à
7,7 milliards d’euros - soit une dette totale de 11 milliards d’euros,
en
comptant les dispendieux Bengalis : 11 milliards, moins de 10 % de la
dette
irakienne…
Et pourtant, le généreux George W.
Bush n’a à ce jour envoyé aucun émissaire
spécial faire le tour du monde pour
demander une annulation de la dette des pays les plus pauvres de la
planète. Il
semblerait même qu’au niveau multilatéral les Etats-Unis
fassent parfois preuve
de mauvaise volonté. A croire à une
inégalité de “la liberté et de la
prospérité” des peuples devant Washington.
Dès lors,
comment sortir de la
misère lorsqu’on est un pays pauvre ? En adoptant la
purée Saddam-talibans, une
recette économico-diplomatique très en vogue dans la
world-cuisine. Ingrédients
de base : un dictateur, le verbe haut, des menaces contre les
Etats-Unis, une
pincée de terrorisme et un soupçon d’armes de destruction
massive (un soupçon
suffit, de telles armes n’entrant finalement pas dans la recette).
Prenez le
tout, jetez-le en pâture à l’amicale des paranoïaques
non repentis et attendez.
Si la sauce prend, vous aurez droit à des bombardements
américains, à
l’invasion des GI, à une force d’occupation et, enfin,
sésame des sésames, vous
obtiendrez la nomination d’un envoyé spécial de la
Maison-Blanche pour la
réduction ou l’annulation de votre dette. La cerise sur la
purée !
Mais, attention, de très
sérieuses
études culinaires montrent que la sauce dépend du tour de
main, de ces petits
secrets dans lesquels réside le génie des grands chefs.
Secrets parfois mal
gardés… Ainsi, pour une vraie purée Saddam-talibans
préparée à la Washington,
l’oseille est nécessaire, beaucoup d’oseille, que l’on peut
aussi remplacer par
du pétrole. Parce qu’ils l’ignoraient, les Libériens
n’ont pas eu la chance de
voir débarquer les militaires des Etats-Unis. Alors, ils
crèvent toujours, en
attendant “la liberté et la prospérité". Pourtant,
un bateau américain est
longtemps resté à quelques encablures de Monrovia. Mais
pas un marin, pas un
capitaine ne s’est donné la peine de descendre à terre,
sanctionnant la faute
de goût libérienne.
Eric Glover
© Courrier international
Télécharger l'épisode #26
Episode
Suivant (#27)
Retour à la page principale